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Le travail d’Yves Gellie appréhende la Chine dans la réalité de son quotidien mais aussi de sa diversité territoriale, ethnique et sociale. Le parti pris adopté est de coller au champ visuel des Chinois et montrer ce qu’ils voient de leur environnement familier en se focalisant sur les objets et les décors qui s’y trouvent parce qu’ils dévoilent une personnalité et permettent de saisir une intimité. La photographie appréhende ainsi des éléments tels qu’une table dressée pour le petit déjeuner d’un cheminot, le casier de mineurs d’une exploitation clandestine, le plafond décoré de la chambre de jeunes mariés,… L’image s’arrête ainsi sur des détails qui, de part leur nature profondément banale, sont devenus quasiment invisibles mais qui sont autant de signes d’une individualité, d’une culture forte et d’un mode de vie en pleine mutation. Les cadres sont simples et rigoureux, prolongeant sans la déformer cette vision qu’ont les Chinois de leur univers au quotidien. Il se dégage de cette collection d’images une multitude de signes enchevétrés qui ont tous pour support la trace, l’usure, la couleur, la matière. Les objets et les décors, libérés de toute présence humaine, laissent percevoir alors avec une infinie précision les mutations d’une société devenue, en l’espace une décennie, le symbole même de la globalisation.Larisa Dryansky et Gu Zheng
Yves Gellie a un parcours singulier, il est passé de la médecine à la photographie et sa démarche se fonde sur la sémiologie. Il s’attache à dégager de l’implicite au delà de ce qu’il montre et se situe dans cette frange où l’invisible surgit de l’apparent. Il photographie la Chine depuis une dizaine d’années et son travail fait l’objet de nombreuses publications et expositions tant en France qu’à l’étranger.
Textes de Larisa Dryansky et Gu Zheng
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